Maris d'Armor

Avril, devant le Christ jaune

15 mars 2026

Hier j’étais à Pont-Aven, pour préparer le parcours de mars. J’ai marché jusqu’au Bois d’Amour. La rivière est haute, presque impatiente.

Dans la petite chapelle de Trémalo, il y a ce Christ jaune qui a tout changé pour Gauguin. Il est toujours là, accroché au-dessus de l’autel. Son bois clair presque luminescent dans la pénombre.

J’ai passé une heure assise devant lui. À ne rien attendre. À le regarder. C’est un exercice qui me manquait.

Regarder une œuvre en silence, dans son lieu. C’est un luxe que nous avons perdu, pressés que nous sommes par les commentaires.

En sortant, le ciel s’était dégagé. La lumière d’avril, à Pont-Aven, a quelque chose d’unique. Elle vient de la mer toute proche, elle se frotte aux collines, elle entre dans les peintures avant même qu’on les voie.

Je pense que c’est pour cela que Filiger, Sérusier, Bernard y sont restés. Pas pour les motifs pittoresques. Pour la lumière. Pour cette lumière précise, qui n’existe qu’ici, en ces mois précis.

La prochaine balade contée aura lieu le 15 mars. Il reste trois places.